International
NGO in special Consultative Status with the Economic and Social Council of the
United Nations
LOURDES
MENACES PESENT SUR
LA
LIBERTE DE LA PRESSE EN ALGERIE
Le
peuple algérien n’en finit pas de payer un lourd tribu pour la reconquête
de ses libertés fondamentales. Les journalistes sont en première ligne pour
la défense de leur droit le plus cher qui est le droit d’expression. Sous
l’état d’urgence et les menaces qui visent la mise en oeuvre de leur
citoyenneté, une nouvelle génération de journalistes est née. Elle veut
stopper le journalisme de propagande et participer à la construction de
nouvelles traditions contre la mainmise de l’Etat ou des groupes armés sur
leurs plumes.
Cette
génération a fait son chemin avec courage et opiniâtreté, bravant la mort
quotidiennement. Plus de 60 journalistes ont ainsi payés de leur vie et 5
autres demeurent portés disparus. Le cynisme de l’Etat de non droit a troqué
la liberté de la presse contre un léger mieux sécuritaire.
Le
16 mai 2001, l'Assemblée nationale populaire avait
adopté un projet d'amendement du code pénal, dont l'article 144 bis prévoit
notamment des peines de deux à douze mois de prison et des amendes de 50 000
à 250 000 dinars (environ 720 à 3 600 euros) contre toute "atteinte au
président de la République en termes contenant l'injure, l'insulte ou la
diffamation […]". Toutes ces sanctions sont également applicables
quand les délits sont commis à l'encontre du "Parlement ou de l'une de
ses deux Chambres ou de l'ANP [l'Armée nationale populaire]".
Mais
si un certain calme est revenu dans le pays, rien de tel ne s’est produit
dans les têtes.
Ce
ne sont malheureusement que quelques exemples de violations recensés en Algérie
depuis le début de l’année pour illustrer nos propos :
-2/01/2004 :
Deux
mois de prison avec sursis sont prononcés contre Youcef Rezzoug et
Fatma-Zohra Khalfi ;
-16/02/2004 :
La
journaliste Saïda Azzouz et le caricaturiste Ali Dilem ont été interpellés ;
-03/03/2004 :
Le
Matin fut menacé de fermeture par un redressement fiscal ;
-28/05/2004 : Six
mois de prison ferme pour Hafnaoui Ghoul correspondant
du quotidien El-Youm à Djelfa (270 km au sud d'Alger)
;
-15/06/2004 :
Mohammed
Benchicou est à son tour condamné à deux ans de prison ;
-01/07/2004 :
Les autorités
algériennes décident de «geler provisoirement » les activités de la
chaîne satellite arabe Aljazeera en Algérie ;
-11
juillet 2004 : Hafnaoui Ghoul, a vu sa condamnation à deux mois de
prison et à une amende de 300 000 dinars (environ 3500 euros) pour "
outrage et diffamation ", portée à trois mois d'emprisonnement et 100
000 dinars d'amende au terme de son procès en appel.
-26/07/2004 Trois
quotidiens algériens furent absents des kiosques. Le
Matin, Le Nouvel Algérie Actualité, et El Djarida, ont été victimes de
l’arme financière utilisée par des Etats autoritaires comme la Syrie ou
l’Algérie. Cette fois la cause déclarée est le non-paiement de leurs
dettes aux imprimeries d'Etat.
Trop
c’est trop, la Commission arabe des droits humains appelle tous les
journalistes dans le monde arabe à soutenir leurs collègues en Algérie et
à se mobiliser avec eux pour :
-
La libération immédiate de Mohamed Benchicou et d’Hafnaoui Ghoul et
l’arrêt des poursuites judiciaires à l’endroit des journalistes algériens ;
-
La reparution du Matin ;
- La
dépénalisation des délits de presse conformément aux recommandations des
Nations Unies ;
-
La libération de tous les prisonniers politiques dans le pays.
Violette
DAGUERRE
Meeting
à la Bourse du Travail JEUDI 28 OCTOBRE 2004 à 19 HEURES
COLLECTIF
POUR LA LIBERTE DE LA PRESSE EN ALGERIE