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ARAB COMMISSION
FOR HUMAN RIGHTS
COMMISSION ARABE DES DROITS HUMAINS
Escalade
dangereuse dans les atteintes aux libertés fondamentales en Egypte : Les
services de sécurité entreprennent une vaste campagne d’arrestations dans les
milieux des Frères musulmans.
08 mai 2005
Une vaste campagne
d’arrestation a été opérée ces derniers jours en Egypte dans les rangs des
Frères musulmans ainsi que dans les milieux proches de ce mouvement.
Le nombre des arrestations a
atteint hier au soir 2036 personnes
selon nos informations (voir le tableau par ville et région in fine)
parmi lesquelles 490 personnes ont déjà été déférées devant le parquet général,
ce chiffre ayant pu atteindre 600 au moment de la rédaction du présent
communiqué.
Parmi les personnes arrêtées
figurent des responsables dont le Dr Issam Al Aryan une figure dirigeante du mouvement et trésorier du
Syndicat des médecins arabes. Celui-ci a été arrêté en compagnie de trois de
ses invités, le Pr. Yasser Abdou, directeur de banque, le Dr Amar Derradj, professeur à
l’université du Caire et le Dr Hamdi Chahine,
professeur assesseur à la faculté de la maison des sciences de l’université du
Caire après que son domicile eut été investi par les forces de sécurité qui ont
fait usage de violence.
Il faut noter que ces
importantes campagnes d’arrestation visant le plus grand mouvement d’opposition
du pays ont régulièrement lieu à la veille d’évènements politiques importants.
Deux grandes vagues
d’arrestations avaient déjà touché le mouvement en 1995 et en 2000 à la veille
d’échéances électorales.
Les autorités égyptiennes
n’ont cessé d’envoyer régulièrement des messages politiques aux Frères
musulmans à travers les arrestations arbitraires, les procès devant les
juridictions militaires et les procédures d’exception pour bloquer les
activités politiques du mouvement.
Nous avons eu à constater le
caractère politique de ces procès intentés aux Frères musulmans à l’occasion de
nos observations et en particulier lors de cinq affaires entre 1992 et 2000 au
cours desquelles sur les 118 personnes poursuivies, 79 ont été condamnées à des
peines d’emprisonnement diverses.
La Commission arabe des
droits humains a recensé entre 1996 et 2002 les comparutions de 140 membres du
mouvement devant les juridictions militaires qui ont rendu 118 jugements de
condamnation à caractère arbitraire selon notre avis ainsi
que celui des plus éminents juristes égyptiens et arabes, jugements rendus en
violation de la Constitution et des engagements internationaux de l’Etat
égyptien.
L’Egypte a vécu ces deux
dernières semaines des manifestations pacifiques dans 12 grandes villes du pays
auxquelles avaient participé entre 50 000 et 65 000 personnes, selon
les différentes estimations, qui
lançaient des slogans appelant à la nécessité de réformes tels que « les
réformes… les réformes ! La nuit de l’injustice est finie ! »,
« Les réformes imposées (de l’extérieur) sont une trahison, de l’intérieur
c’est un devoir.», « Liberté où es-tu, où es-tu ? L’état d’urgence
nous sépare… ».
Les manifestants portaient
des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « La liberté ne se
divise pas, nous demandons une réforme politique totale, et la liberté est la
voie de la réforme… », « Justice, Justice dans la Constitution,
laisse notre pays voir la lumière… », « Pour que l’existence
reste paisible, n’abandonne pas tes libertés, c’est une occasion pour les
réformes, la nuit de la terreur va s’en aller.. ».
Les forces de sécurité ont
dispersé ces manifestations par la violence, et cette répression a occasionné
le décès d’au moins un manifestant, Ghennam Tarek,
dans la ville de Talkha, (préfecture de Daqhalia), après qu’il ait été asphyxié par les gaz
lacrymogènes et les trombes d’eau lancées sur plus de 4000 manifestants devant
la mosquée Ghennam de la ville.
La Commission arabe des
droits humains considère le droit à la liberté de réunion d’association et d’expression comme le triptyque
des libertés fondamentales de notre époque, qui ne peuvent être soumis à
l’humeur des appareils de sécurité et du ministère de l’Intérieur.
Toutes les initiatives
pacifiques de toutes tendances, parti national, communistes, nationalistes ou
islamistes ayant pour but les réformes constitutionnelles destinées à faire
sortir le pays de la paralysie politique qui l’affecte, sont des revendications
légitimes et nécessaires pour sortir du marécage actuel où le citoyen est placé
entre l’enclume des lois d’exception et le marteau de la loi antiterroriste.
La libération de tous les
détenus en Egypte et l’ouverture du champ politique à toutes les initiatives
afin qu’elles puissent s’exprimer en toute liberté est une condition
essentielle pour briser le cercle de l’autoritarisme qui paralyse les forces
vives de la nation égyptienne et ses capacités créatives.
Communiqué relatif aux arrestations et aux présentations devant
le parquet au 07/05/2 2005 :
N° Province Arrestations Présentations au parquet
1 Le Caire 127 119 parmi les
personnes
enlevées à l’exception du
Dr Issam et autres.
2 Gizeh 21 Aucune présentation
à ce jour
3
Suez
21 06
4
Al Ismaïlia
40 0
5
Al Mansourah 238 65
6 Al Mania 386 67
7
Al Charquia 800 148 présentés et 10
sont restés
au
siège de la sécurité centrale.
8
Al Buhaira 70 42
9
Fayoum 200
10
Damiette
46 32
11
Kafr Al Cheikh 8
12
Fayoum
79 01
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